Échos de métropole

Réflexions partagées sur la métropole lyonnaise

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Vers des métropoles durables…

2 mai 2011 · 6 commentaires

Dans des précédents articles, j’ai rappelé l’importance du contrôle citoyen dans le développement des métropoles et la nécessité d’un débat public pour donner à voir la construction métropolitaine. Ces réflexions m’invitent à me demander s’il est possible de constituer des métropoles durables. Je vous livre des pistes  d’un futur possible que soulèvent cette question en espérant que vous trouverez matière à interroger ce concept abondamment utilisé.

J’entends par développement durable, l’ »approche intégrant les dimensions environnementales, sociales et économiques, afin de répondre aux besoins du présent sans compromettre l’avenir. Le développement durable suppose le maintien de l’intégrité écologique, l’équité sociale et l’efficacité économique1« . Or, le phénomène de métropolisation est principalement porté par des phénomènes économiques au détriment des autres composantes. Il entraîne de nombreuses conséquences non durable comme l’étalement urbain, la ségrégation spatiale et sociale, la congestion automobile…

Il est claire que les politiques publiques tentent d’en corriger les effets pour s’approcher d’un développement durable urbain. Le levier le plus visible, le plus consensuel et le plus récent est celui de l’environnement. Je ne vous raconterai pas les différentes initiatives visant à limiter l’usage de la voiture, du tramway aux pistes cyclables. Cet aspect est, estimerons-nous, relativement bien intégré dans les politiques de développement urbain, ou tout du moins dans les discours. La partie sociale est plus ancienne.  Les grandes luttes sociales ont rythmé le développement urbain des siècles précédents. Les avancées sociales sont aujourd’hui beaucoup moins valorisées au détriment de la lutte écologique. On la retrouve tout de même dans la politique de la ville, avec la volonté de corriger le développement économique et urbanistiques erratique de certains quartiers ou communes. Une autre politique moins connue et pourtant liée à la dimension sociale est l’aménagement des espaces publics. Par exemple dans le Grand Lyon, l’aménagement des espaces publics de l’agglomération est équitable en terme de qualité, et ce malgré les différences sociales des quartiers ou des communes2.

Ces deux aspects du développement durable sont portés par les citoyens et relayés par la puissance publique. Cette dernière corrige ainsi les inégalités écologiques ou sociales créées par le secteur marchand. Comment dès lors construire des métropoles durables dont l’existence est basées essentiellement sur des phénomènes économiques?

Le réflexe environnemental peut être facilement couplé à la dimension économique au travers du concept de croissance verte, tourné notamment vers la montée en puissance des innovations technologiques. Il s’agirait de poursuivre le modèle de développement économique actuel avec les technologies vertes du type panneaux solaires ou éoliennes. Les incitations publiques et le changement de comportement des consommateurs forcent les entreprises à s’adapter à cette nouvelle composante.

vers des métropole durable...ou pas!, illustration par Pierre Ferrero

La réflexion sociale semble intégrée à l’économie dans le concept d’économie sociale et solidaire. Cette forme d’économie qui regroupe environ 9% des entreprises françaises[3.  http://www.cncres.org/accueil_cncres/less___leconomie_sociale_et_solidaire/chiffres] aborde l’économie en faisant primer l’humain sur le capital. Le fonctionnement interne aux entreprises faisant le reste, c’est à dire préservant l’équité (1 humain = 1 voix) et refusant exclusivement la recherche de profit (les excédants ne sont redistribués qu’en partie). Je ne sais pas si c’est une solution globale, mais elle comporte les germes d’une durabilité envisageable pour les métropoles où l’humain prendrait plus de place.

Ce qui est sur, c’est que la volonté de faire des métropoles durables est appuyée sur la nécessité d’avoir une pensée complexe ou l’on ne réfléchit plus seulement en PIB, mais autour de ce triptyque « Environnement – Social – Économique ». Toute la difficulté est de pouvoir appliquer les trois piliers sur le développement des métropoles qui dépend lui en grande partie de l’économie libérale. L’interrogation de la compatibilité du modèle capitaliste globale, moteur de la métropolisation, avec le concept du développement durable reste entière.

Maël Meralli-Ballou

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Catégorie(s) : La métropole en question

6 réponses pour le moment ↓

  • 1 Gilles Pradeau // 9 mai 2011 à 20:44

    Bonjour,

    J’ai l’impression qu’il est bien difficile d’avoir des métropoles durables sans autosuffisance alimentaire. Or le déséquillibre institutionnel entre les zones urbaines superdenses et les parcelles agricoles est structurel dans ces métropoles. De fait, si on conçoit des territoires durables, il faut qu’ils ne consomment pas plus qu’ils ne produisent. Les métropoles sont donc loin d’être en mesure de devenir durables.

  • 2 admin // 10 mai 2011 à 11:09

    Bonjour,

    Qu’entendez-vous par « déséquilibre institutionnel »? Concernant l’autosuffisance, si on prend le cas de la métropole lyonnaise qui est composée de seulement 20 % d’espace urbain dense on peut imaginer un équilibre entre la demande urbaine et l’agriculture. Le problème venant moins du cadre institutionnel, que des cultures produites et de leur destination (exportation). Retourner vers une agriculture vivrière serait un premier pas pour retourner dans la direction des métropoles durables avec tous les problèmes que cela engendre.

  • 3 Eric // 24 mai 2011 à 08:37

    Et bien quant à moi, j’estime que l’auto-suffisance alimentaire n’a rien à voir avec la durabilité d’une métropole…
    Tout d’abord pourquoi se focaliser sur la consommation alimentaire ? Quitte à être restrictif et castrateur jusqu’au bout, pourquoi ne pas dire qu’une métropole durable ne pourrait consommer que ce qu’elle produit, y compris ses iphones avec ses propres ressources en terres rares et ses usines, et le payer au prix qu’exige sa main d’oeuvre locale (facteur social du DD) ???

    C’est absurde, la viabilité environnementale d’un système ne peut s’évaluer que globalement, et il n’est pas seulement question de distance de la nourriture (et pour le vin on ne boit que du beaujolais ?). Les métropoles se définissent (en gros et sous réserve de corrections par l’expert ci-présent qui héberge ce débat) par l’échange avec le monde entier, en tous cas, par sa capacité à le faire.
    Il faut donc pour évaluer l’éventualité d’une « durabilité » des métropoles, évaluer la dynamique de ses relations avec l’extérieur.
    Pour ce qui est de Lyon et pour être caricatural (et rester dans le ton polémique du début de mon commentaire) : une ville qui assure une grande partie de ses ressources sur l’industrie pétrochimique, les vendeurs d’eau et le tourisme, et qui fait fonctionner des centrales nucléaires pour sa consommation personnelle a encore du chemin à faire…

    Pour ce qui est des métropoles en général, elles le seront quand le système qui les a produit et dans lequel elles existent, croissent et évoluent le sera…

    A partir de là, chacun ses opinions sur la possibilité et l’opportunité qu’elles le deviennent, cela dépendra de nous, d’elles et d’eux ;-)
    Ca bouge en ce moment !!

  • 4 Anonyme // 6 juin 2011 à 06:37

    [...] Au bord de la métropole http://www.vimeo.com/19296453 Vers des métropole durable…ou pas!, illustration par Pierre Ferrero [...]

  • 5 admin // 22 août 2011 à 11:16

    Tout à fait d’accord, on ne peut réellement imaginer des métropoles durables sans prendre en compte l’ensemble du système. Prendre en compte dans un premier temps l’alimentation permet de faire ressortir le problème le plus flagrant. Mais si on pousse la réflexion jusqu’au bout comme vous le proposez, on se retrouve bien en face d’un paradoxe entre injonction à s’inscrire dans une économie mondialisée, faite d’échanges et devoir limiter par la même occasion ses émissions de CO2. Dès lors, c’est bien une refonte générale du système qui est nécessaire : sortir de la mondialisation et perdre les richesses qui vont avec en construisant des métropoles autonomes. Mais on peut aussi trouver un compromis comme la croissance verte le propose, ou encore faire semblant avec le green washing… C’est une véritable question qui se pose et qui doit trouver une réponse entre volonté de changement, capacité d’action et contexte extérieur.

  • 6 Les métropoles sont elles durables? - Échos de métropole // 29 août 2011 à 15:12

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