Sébastien est Juriste dans le droit du travail depuis 12 ans. Ce lyonnais d’adoption est surtout né à Saint-Etienne, ville ennemie, et pourtant d’une si grande importance dans la construction de la métropole lyonnaise. Il a d’abord vécu 25 ans à Saint-Chamond, à 10 km à coté de la ville des « verts », dans un milieu de commerçants. L’agglomération lyonnaise, il la connaît d’abord comme étudiant en droit. Il s’installe alors à Villeurbanne.
Tout s’accélère pour le jeune homme qu’il est à l’époque : il se marie cette année-là et commence un parcours résidentiel compliqué. « Avec l’arrivée du premier enfant, on est parti à Saint-Bonnet-de-Mure dans une petite maison mitoyenne. » Le choix de ce petit territoire en périphérie correspond à l’aménité tant recherché par beaucoup de couples, soucieux d’un devenir optimal pour leurs enfants. Mais l’idéal du jardin n’est pas la raison principale, puisque Sébastien et son ex-femme sont avant tout un jeune couple cherchant plus grand. La gentrification du centre lyonnais (les prix élevés) les amène inévitablement à aller chercher à l’extérieur de Lyon leur salut résidentiel : « Le choix de Saint-Bonnet-de-Mure, c’est une volonté d’avoir quelque chose de plus grand, ce qui se fait déjà plus facilement à l’extérieur de Lyon qu’à l’intérieur de Lyon. Il y avait une volonté de découvrir autre chose. Peut être aussi parce que ma femme a toujours vécu en maison, et moi toujours en appartement. Ce qui a toujours été pour moi plutôt pas mal. Mon ex-épouse a aussi toujours voulu vivre en maison, avec un extérieur, un jardin. Et par conséquent, vivre en agglomération comme Saint-Bonnet, qui est un village à coté de la ville, devenait intéressant. Mon ex- femme vit d’ailleurs toujours en maison alors que moi en appartement. »
Très rapidement, arrive les ruptures existentielles. Les séparations inévitables de notre temps. Et avec elles, leurs lots de réajustements spatiaux et résidentiels : « Au bout de quelques années je me suis séparé de mon ex femme, et je suis allé dans le 7ème. Je me suis remarié ensuite, j’ai eu mon 3ème enfant. On est revenu à Villeurbanne. On est aujourd’hui entre les stations République et Charpennes (ligne A du métro lyonnais). » Le retour sur l’agglomération lyonnaise se fait donc clairement à cause de la séparation. Il y restera jusqu’à aujourd’hui, d’abord pour des raisons de transports, de « place » (car Villeurbanne est moins cher au mètre carré que le centre de Lyon), et de planification des activités quotidiennes, partagées entre la gestion d’une vie de juriste qu’il partage avec sa nouvelle compagne (qui travaille dans la même entreprise que lui) et la gestion des parcours dans et en dehors de la ville : « Je repars vers Villeurbanne pour changer d’appartement, et pour rester dans la métropole, parce que, pour moi, il y a une vraie volonté de rester dans la ville en raison du fait que ma seconde femme ne conduit pas et donc a tout intérêt à avoir toutes les possibilités de transports en commun, qu’elle utilise de façon régulière. Elle utilise les transports et moi plutôt la voiture en ville. Pour des plus grands trajets j’utilise les transports en commun : le train. »
Comme beaucoup de couples divorcés, il doit composer avec les temps et les déplacements. Une véritable organisation de vie familiale éclatée et d’affairements professionnels toujours plus mobile. Beaucoup de femmes et d’hommes connaissent bien aujourd’hui ces difficultés inhérentes aux changements de mode de vie professionnel et privé de notre temps. Résider sur l’agglomération donne sans conteste une aisance à se déplacer. Ainsi, Lyon s’ouvre très rapidement sur un espace plus large, plus global : « Je suis amené, par rapport à mes déplacements métropolitains à aller fréquemment dans l’Ain, puisque mes deux premiers enfant sont sur Châtillon sur Chalaronne. Je les récupère un week-end sur deux. Et puis mes parents sont dans la Loire. Les parents de ma compagne sont en Bourgogne. Je navigue pas mal, dans ma vie privée entre Lyon, la Loire, l’Ain et la Bourgogne. Dans le cadre de ma vie professionnelle, je navigue aussi par la gare de la Part Dieu, puisque dans mon métier, on est amené à aller un peu de partout en France. On doit prendre fréquemment le train pour des destinations variées comme Vichy, Rennes, Valence, Paris, Grenoble… etc. »
Alors, aujourd’hui, on l’aura compris, Sébastien cherche avant tout l’adéquation et la justesse d’une situation géographique permettant la concordance des obligations personnelles et professionnelles. Son inscription désormais entérinée sur le territoire lyonnais se justifie clairement dans son discours ; discours qui n’est pas celui d’un « affectif » de la ville mais bien davantage celui d’un homme pragmatique ayant compris notamment la relative facilité de parcourir sa ville par les transports et de trouver des solutions de proximité à ses problèmes de gestion du quotidien familial : « A l’évidence, si la question de partir ou pas se pose, je reste ici. Autant d’un point de vue professionnel que familial, cette ville me convient… L’accessibilité rendue par les transports me permet de garder du temps pour ma vie privée par exemple. Quand on termine comme moi à 20h le travail, c’est important d’éviter les longs trajets. »
Les week-ends se font en Bourgogne, dans l’Ain, proches de Lyon, et coïncidant avec les intérêts familiaux. Auprès « des » familles, recomposant les espaces affectifs et physiques, démultipliés, par le parcours de vie. Il s’agit encore de « faciliter » les choses. L’unique raison de cette inscription dans la ville alors que le juriste pourrait facilement poser ses bagages (de part sa profession) sous d’autres cieux.
Alors, oui, Sébastien semble être la figure archétypale de choix résidentiels et d’inscription dans l’espace métropolitain typiquement frappé par le sceau de l’adaptabilité. Il le dit clairement en insistant sur le fait que quitter ou non Villeurbanne n’aurait de valeur qu’en relation avec un quotidien en mouvement. Le choix se fait avant tout selon une efficace inébranlable : « Ce n’est pas telle ville en soi qui nous incite à rester ou à partir, mais comment elle peut faciliter les choses. »
Hassen Haddouche








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1 ChemTupSSup // 30 mai 2012 à 13:02
tres interessant, merci
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