Échos de métropole

Réflexions partagées sur la métropole lyonnaise

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OL Land, Un projet métropolitain ?

8 juillet 2010 · 4 commentaires

Le 28 mai dernier, la France obtenait l’attribution de l’organisation de l’EURO 2016. Le 11 juin, l’Afrique du Sud inaugurait la coupe du monde de football. Une actualité outrageusement footballistique, m’obligeant à m’adapter pour l’occasion !

Ces circonstances nous amènent donc à nous interroger sur un des sujets phares de l’actualité lyonnaise : Le projet OL Land. Essentiellement porté par le président de l’olympique lyonnais Jean-Michel Aulas et le maire de Lyon Gérard Collomb, ce projet prévoit la construction d’un immense complexe sportif sur la commune de Décines qui inclurait le nouveau stade de 60 000 places, le centre d’entraînement de l’équipe professionnelle, les bureaux du siège d’OL Groupe, une boutique OL Store, 7 000 places de stationnement, plusieurs équipements de loisir et de divertissement dont deux hôtels de 150 chambres, un centre de loisirs de 40 000 m²) et enfin 8000m² d’immeubles de bureaux1. Finalement bien plus qu’un simple stade de football…

J’évoquais dans un précédent billet la symbolique des tours, on peut ici mentionner celle qui est associée aux stades. En effet, ils sont aujourd’hui plus que de simples enceintes sportives. Les stades de football font désormais partie des édifices emblématiques d’un territoire. Les stades sont généralement associés à une équipe et à un territoire, un quartier, une ville, ou peut-être même  une métropole ? Les victoires des équipes, les joueurs et leurs résultats sont associés  à l’enceinte sportive dans laquelle ils évoluent. Ainsi, le stade est une matérialisation d’une équipe. Il est ainsi le lieu d’évènements symboliques qui façonnent l’identité du territoire. La victoire de l’équipe de France en 1998 est associée au Stade France. Le football est un moyen très « puissant » de mettre en avant le territoire dans lequel il est ancré. Il constitue un formidable vecteur d’images et un support de communication sans pareil qui lie une équipe locale et son stade. Les grandes équipes sont aujourd’hui largement médiatisées, et ce d’autant plus lorsque les résultats sont au rendez-vous. Elles renvoient ainsi l’image d’un territoire qui gagne. Or cette image, lorsqu’elle est projetée sur le territoire, se traduit par la présence des stades. On les construit pour donner une image de leur équipe et de leur ville, de leur métropole… Même si le football est organisé comme un système mondialisé, il reste ancré à des territoires.

L’OL en est un bon exemple. Septuple champion de France, demi-finaliste de la Ligue des champions cette année, l’OL possède un impact médiatique considérable. En 2004, 8,3 millions de téléspectateurs de TF1 ont suivi le match OL/PSV Eindhoven, ce qui a constitué un record d’audience. « Lorsqu’on a un grand club comme Lyon, c’est toute la ville qui rayonne ! Quand je vais à l’étranger, la première chose dont on me parle, c’est de football ! L’OL est notre étendard ! »2.

Dans ce contexte, posséder un stade est un levier important pour toute métropole qui cherche à acquérir une certaine visibilité. Le stade participe à la construction identitaire du territoire, dans le sens où il est perçu comme un symbole de dynamisme et de réussite. Il doit donc se distinguer de ses semblables, par son architecture, par ses caractéristiques techniques, et même par son nom. A l’image des tours, une sorte de compétition se met ainsi en place, se traduisant par une surenchère en terme de capacité d’accueil et d’architecture monumentale. Je citerais ici 3 exemples intéressants : L’Allianz Arena de Munich (66 000 places) 3 Outre son architecture hors du commun, c’est bien son nom qui en fait sa spécificité. C’est en effet le groupe Allianz fortement implanté dans la région de Munich qui a en partie financé les 340 millions d’euros de sa construction, le stade est directement associé à la réussite économique de l’entreprise. Il en est de même pour l’Emirate Stadium de Londres4. Enfin le stade Santiago Bernabéu5 qui a échappé à ce phénomène de « Naming », est par contre situé au pied des tours du quartier économique de Madrid… Les stades sont donc également des vitrines pour les sociétés privées et traduisent ainsi de par la taille des investissements effectués le dynamisme du secteur économique local.

Le football, meilleur ambassadeur des métropoles?

A Lyon c’est une double logique qui pousse à la création d’OL Land. Une volonté de visibilité comme décrit précédemment et une logique purement économique : la nouvelle enceinte doit en effet permettre de rapporter à l’OL 100 millions d’euros par an alors que le stade de Gerland ne rapporterait annuellement que 21 millions… Ancré au cœur de Lyon depuis 1920 le stade de Gerland, œuvre de Tony Garnier, est un des symboles incontournable du territoire, il fait donc intégralement partie de l’identité construite autour de la ville de Lyon, et ce changement d’échelle provoqué par un déménagement à Décines en périphérie semble ne pas être acceptée. Le projet rencontre donc de fortes oppositions6, de la part des riverains du nouveau site de Décines, invoquant les nuisances sonores et les divers problèmes liés au transports, et de la part des habitants du Grand Lyon. Ainsi, LyonPlus qui sondait ses lecteurs en leur posant la question : « L’olympique lyonnais doit-il quitter Gerland pour Décines ? » obtient 89 % de « non »7

Pourtant, ce processus semble correspondre au phénomène de métropolisation, le stade suit l’évolution de la métropole, grandissant et porté par les mêmes logiques. OL land s’inscrit donc dans ce processus, mais peut-être est-il trop métropolitain et pas assez lyonnais ?

Maël Meralli-Ballou & Édouard Malsch

  1. http://www.linternaute.com/sport/magazine/photo/visitez-ol-land/le-complexe-ol-land.shtml
  2. Gérard Collomb in http://www.millenaire3.com/Sport-et-identite.69+M5b58a6eadc8.0.html
  3. http://www.allianz-arena.de/en/
  4. http://www.arsenal.com/emirates-stadium
  5. http://www.stadiumguide.com/bernabeu.htm
  6. http://www.canol.fr/canolpresentatio/synth-se-longue-protocole.mars09.pdf ; http://carton-rouge-decines.fr/
  7. http://www.lyonplus.com/fr/images/get.aspx?imedia=14076404
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Catégorie(s) : La métropole en question · Le cas lyonnais

4 réponses pour le moment ↓

  • 1 pierre yves tesse // 2 août 2010 à 15:34

    s’il est dans la logique métropolitaine incontestablement de disposer d’un grand stade,rien ne conduit par contre à accepter sa localisation à Décines sauf a considérer qu’une opération immobilière privée de grande ampleur ou qu’elle soit conduit inéluctablement à sa stature métropolitaine.
    On pourrait penser au contraire que la localisation d’un tel équipement mériterait une réflexion plus large sur les lieux qui inscrivent réellement la métropole.
    Ainsi en était-il de Gerland …et la localisation d’un grand stade en centre peut se défendre d’autant que cette localisation bénéficiera en 2014 de deux atouts supplémentaires :prolongement du métro et donc nouvelles capacités de parking,prolongement du tramway…sans parler des possibilités de dégager de l’espace en détruisant le palais des sports obsolète(à relocaliser sur le puisot)…on pourrait continuer sur cette première localisation…il en est aussi une seconde très fructueuse du point de vue de la métropole c’est le terrain au sud d’eurexpo:deux structures qui se complètent qui ont des demandes de pointe à des moment différents …soit donc un nouveau pôle d’équipements majeurs

    je ne peux développer ces points ici mais l’avis de l’ucil (Union des Intérêts Locaux du Grand Lyon) les argument plus
    a bientôt pour un complément sur la métropole à large échelle au XXsiecle
    pierre yves tesse

  • 2 admin // 3 août 2010 à 09:20

    Il est tout à fait clair que la position du grand stade mérite une réelle réflexion. Mais j’ai préféré décrypter le positionnement des stades dans le fonctionnement métropolitain afin que l’article est une portée plus générale. L’Union des Intérêts Locaux du Grand Lyon (UCIL) et d’autres structures ont su apporter des arguments pour ou contre les différents options. Si vous avez des liens à proposer, c’est avec plaisir que nous ouvrirons le débat.

  • 3 OL Land un objet fédérateur de la métropole - Échos de métropole // 10 janvier 2011 à 04:11

    [...] du projet et la visibilité internationale comme je l’ai analysés dans l’article  » OL Land, un projet métropolitain » mais car il est devenu un enjeu métropolitain interne, un objet de débat sur le futur de la [...]

  • 4 Anonyme // 3 décembre 2011 à 16:25

    [...] [...]

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