Échos de métropole

Réflexions partagées sur la métropole lyonnaise

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Les comportements citoyens, un levier pour la préservation de l’agriculture périurbaine

28 février 2011 · 2 commentaires

Dans mon précédent article, j’ai présenté les signes de changement dans la considération des espaces agricoles périurbains. Désormais, les documents de planification prennent en compte les espaces naturels et agricoles et les départements développent une politique spécifique en direction des espaces naturels périurbains. Mais, le phénomène de métropolisation est largement le fait de logiques fonctionnelles et d’évolutions sociétales qui dépassent les politiques publiques et les  tentatives de maîtrise de l’espace.

Les systèmes politiques répondent aux mouvements sociétaux, le phénomène de métropolisation est donc appréhendé entre régulation publique et impulsion de la société civile. Ainsi, la protection des espaces agricoles périphériques se construit en parallèle de mutations du comportement des consommateurs et de changements de la profession d’agriculteur. Depuis, un certain temps, nombre d’acteurs dénoncent le système agricole basé sur une surexploitation des sols, une hyper-rentabilité obtenue par l’industrialisation des processus de production. Cette prise de position s’est bâtie sur les phénomènes pervers de l’agriculture intensive : pollution des sols, scandales alimentaires (vaches folles), mauvaises qualités des produits… De plus, de nouveaux éléments viennent soutenir cette vision. La prise en compte du réchauffement climatique appuie le problème des transports des aliments,  comme par exemple les 10 000 km nécessaires pour faire venir des pommes du Chili pour une consommation d’énergie fossile 13 fois supérieure à celles sont produites en France1. Les nouveaux phénomènes macroéconomiques comme la fluctuation du cours des matières premières ou la rareté du pétrole font que ce système semble condamné et condamnable par une partie de la population et des agriculteurs.

Ainsi, de nouvelles formes de vente ou de production ont modifié la vision de l’agriculture périurbaine pour amener les pouvoirs publics à mieux la prendre en compte. Tout d’abord le secteur d’activité s’est structuré pour mettre en avant ses qualités et prouver sa pertinence. Des labels du type « viande française » en réaction au scandale alimentaire ont été créés pour rappeler la qualité des produits nationaux. Un autre changement est la valorisation des produits régionaux, des produits du terroir avec les AOC (Appellation d’Origine Contrôlé) ou par leur mise en avant par la publicité2. Le terroir n’étant plus un qualificatif pour désigner le rural profond, mais au contraire renvoie à la qualité de la vie rurale et de sa bonne bouffe.

Ce premier mouvement national de mise en valeur du secteur agricole local a eu une série d’impacts sur l’agriculture périurbaine. Par exemple, l’apparition de marchés alimentaires dédiés au biologique ou encore des marchés réservés aux producteurs locaux3. Ces nouveaux espaces consacrés à l’agriculture périurbaine est une voie pour préserver les exploitations en pérennisant les filières d’écoulement des produits. Dans la même optique, des magasins de producteurs locaux s’installent en ville pour construire des passerelles directes entre consommateurs et producteurs4 ou allant parfois s’implanter directement dans les grandes surfaces! Les acteurs locaux participent du mouvement en recherchant à fournir les cantines scolaires avec des produits locaux et/ou biologiques.

Les nouveaux réseaux de vente directe, un levier pour maintenir l'agriculture périurbaine, source: http://www.consommer-local.fr/

Les AMAP (Association pour le Maintient de l’Agriculture Paysanne) sont le dernier mouvement que je voudrais aborder. Elles représentent aussi un levier pour maintenir l’agriculture périurbaine. Ce système qui lie les consommateurs avec un agriculteur sur une durée prédéfinie permet d’offrir des opportunités de développement et de pérennisation de l’agriculture en périphérie des agglomérations. Il offre l’occasion de créer un lien entre les citadins et les agriculteurs, mais aussi une relation directe entre achat quotidien et protection de son cadre de vie5.

Tout ça pour dire que les politiques d’aménagement et les politiques publiques ne sont pas les seules responsables du développement métropolitain. Les citoyens-habitants ou les acteurs économiques ont eux aussi leurs cartes à jouer pour infléchir le développement métropolitain. La sauvegarde de l’agriculture par le développement de nouveaux comportements le montre bien.  Il est surement possible d’agir sur d’autres points pour influencer le phénomène de métropolisation, encore faut-il que les citoyens soient au courant de ses tenants et aboutissants.

Maël Meralli-Ballou

  1. http://www.inrets.fr/fileadmin/ur/dest/PDF/Journee_Supply-Chain/Cruypenninck.pdf
  2. Comme par exemple pour les noix de Grenoble, http://radiopub.unblog.fr/2009/07/02/la-noix-de-grenoble-investit-200000e-en-radio/
  3. http://www.lyon.fr/vdl/sections/fr/economie/commerce_non_sedenta/halles_marches_1/?aIndex=9
  4. http://www.saveursducoin.fr/index.php
  5. voir les articles publiés sur laviedesidees.fr, le 4 juin 2010 par Roland VIDAL et André FLEURY et le 5 juillet 2010 par François JARRIGE
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Catégorie(s) : La métropole en question

2 réponses pour le moment ↓

  • 1 Les comportements citoyens, un levier pour la préservation de l’agriculture périurbaine « NosVilles – La revue de presse de l'urbaniste // 1 mars 2011 à 06:58

    [...] Suite de l’article [...]

  • 2 Eric // 25 mai 2011 à 02:54

    Je pense qu’on aurait pu aussi cite l’association de l’autre côté du pont et son épicerie de l’autre cote de la rue située cours de la liberté dans le 3eme près de la place du pont, car c’est une véritable initiative citoyenne, qui fait dans le local, le bio, avec ou sans label mais avec un véritable lien avec les producteurs…
    Contrairement à saveurs du coin, subventionné de toutes parts par les collectivités locales, et qui, vendant en grandes surfaces, contribue à la survie d’un modèle non durable…

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