Échos de métropole

Réflexions partagées sur la métropole lyonnaise

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L’agriculture en centre urbain, mais que vient-elle faire ici ?

6 juin 2011 · 3 commentaires

Si le phénomène de métropolisation se caractérise notamment par un étalement urbain généralisé entrainant en outre une diminution des terres agricoles (évoqué dans un article précédent), il fait naître aux cœurs des centres urbains une agriculture dite urbaine. La métropole réputée comme dévoratrice d’espaces fertiles accueille-t-elle en son sein une multitude de petits territoires nourriciers ?

Depuis la révolution industrielle, nourrit par l’exode rural, les systèmes urbains grossissent. Cette tendance vers une urbanisation massive s’accélère après la 2de guerre mondiale entraînant un étalement urbain non maitrisé au détriment des espaces agricoles. L’imaginaire collectif laisse donc penser que la ville repousse l’agriculture mais en aucun cas ne l’intègre ou ne la crée.  Pourtant l’agriculture urbaine et périurbaine ne sont point des oxymores. Des fouilles archéologiques démontrent que des civilisations anciennes ont construits des ouvrages permettant la culture de fruits et légumes à l’intérieur des systèmes urbains1.

Si cette agriculture urbaine a toujours existé, il est possible d’observer aujourd’hui un certain renouveau. Très populaire à la fin du 19ème siècle, sous la forme de jardins ouvriers, cette autoproduction alimentaire fut marginalisée durant les 30 glorieuses, période de plein emploi. Son renouveau date des années 1970, avec une multiplication des initiatives pour investir des terrains vacants en ville (friches, pied d’immeuble, terrains en forte pente) bien souvent à la limite de la légalité, comme l’illustre les exemples de Guérilla verte2, où les militants plantent tous types de végétaux sur des espaces publics.

L’apparition et le développement de jardins partagés et familiaux 3peut apparaitre comme une réponse aux enjeux de la métropolisation. La hausse du prix des denrées alimentaires a entrainé une insécurité alimentaire pour les ménages pour faible revenus. La possibilité de pouvoir produire une partie de leur alimentation est vécue comme l’assurance d’une meilleure autonomie alimentaire, indépendamment de leur pouvoir d’achat ou de l’accessibilité aux commerces. Ce mouvement participe également à la durabilité des métropoles.

De même, face aux problèmes environnementaux de pollution, de perméabilisation des sols, d’îlots de chaleur urbains, le jardin potager par son caractère naturel et végétal participe à son échelle, à la préservation de l’environnement.

L'agriculture urbaine, une aubaine pour la métropole durable, illustration par Pierre Ferrero

Le phénomène de métropolisation est également synonyme de plus forte densité, il convient de lier cette concentration humaine entre elle dans l’espérance d’un mieux « vivre ensemble ». La pratique du jardinage à plusieurs permet une certaine solidarité contre l’isolement, la reconnaissance de son travail et un partage des savoirs interculturel et intergénérationnel, il peut donc être considéré comme un ciment social.

Sachant que ces deux formes d’agriculture se complètent, agriculture urbaine et agriculture périurbaine font donc partie intégrante de la métropolisation, et assurent d’une certaine manière la durabilité des systèmes urbains. Les espaces inoccupés tels que les toits, les balcons, les friches, les berges, feraient des zones idéales pour faire du centre des métropoles des lieux nourriciers de partage. Face à une demande grandissante de l’accès à la terre (les listes d’attente pour les jardins partagés sont courantes), les pouvoirs publics  se doivent en prendre en compte dans la planification des espaces propices à ce genre de pratique, afin de garantir sa généralisation.

Camille Kaltenmark & Maël Meralli-Ballou

Plus d’info sur :

http://agricultureurbaine2011.org/

http://www.ruaf.org/

  1. http://www.idrc.ca/openebooks/731-0/ (information située dans le chapitre 1, introduction)
  2. http://guerilla-gardening-paris.blogspot.com/
  3. http://www.lepassejardins.fr/spip.php?page=sommaire (réseau des jardins collectives en Rhône Alpes) ; http://www.jardins-familiaux.asso.fr/ (fédération nationale des jardins familiaux et collectifs)
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Catégorie(s) : La métropole en question

3 réponses pour le moment ↓

  • 1 bouga bouga // 6 juin 2011 à 22:44

    Le jardin doit mesurer combien de m2 pour produire un minimum d’autonomie ?

  • 2 camille kaltenmark // 7 juin 2011 à 09:23

    Il est difficile de répondre de façon précise à cette question. En effet, la richesse du sol, la manière de cultiver font varier énormément la quantité de production. Néanmoins, on peut avancer que sur 200 m² avec une agriculture biologique performante, il est possible de nourrir une famille de 4 personnes.

    lien : http://www.colibris-lemouvement.org/index.php/TH/Cultiver-et-Se-cultiver/node_1729

  • 3 Atamaniuk // 7 juin 2011 à 09:25

    Très intéressée par cette question, habitante de la ville, je n’ai malheureusement encore jamais trouvé le temps de faire au moins des tomates cerises (et par contre j’ai réussi à faire mourir des radis).
    On pourrait peut être penser les espaces potagers le long des chemins pour faire le trajet maison/travail: comme ça on peut y passer un peu tous les jours…
    Article très intéressant en tous cas!

    http://bookatamaniuk.eklablog.fr/recent/2

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