Échos de métropole

Réflexions partagées sur la métropole lyonnaise

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D’où vient cette idée de métropole ?

9 août 2010 · 2 commentaires

Dans mon article sur l’histoire de la métropole où nous avons pu voir que les relations entre les territoires sont anciennes, je me suis arrêté au XXe siècle. Je vais maintenant aborder comment émergent les premiers signes de la métropolisation dès le début des années 60. En effet, c’est à la suite de la seconde guerre mondiale, pendant la reconstruction, que l’on voit apparaître une volonté  de l’État d’aménager le territoire.

C’est  donc surtout à partir des années 60 que commence à émerger l’idée d’organiser la région lyonnaise. C’est la grande époque de la prise en main des questions d’aménagement du territoire par l’État.

En 1962,  le Plan d’Aménagement et d’Organisation Générale de la région lyonnaise (PADOG) sera la première tentative d’une vision globale de cet espace. Il réunit 913 communes sur les quatre départements de l’Ain, de l’Isère, de la Loire et du Rhône. Cependant ce plan restera lettre morte et sera remplacé par le schéma de l’OREAM  en 1966 (Organisme Régional d’Étude et d’Aménagement de l’Aire Métropolitaine de Grenoble, Lyon et Saint-Étienne) qui reprendra les précédents travaux. Cet organisme aura une importance majeure pour l’aménagement du territoire métropolitain lyonnais : Création de la ville nouvelle de l’Isle-d’Abeau, relocalisation de l’aéroport à Satolas, développement du parc industriel de la plaine de l’Ain1.

Schéma de l’OREAM, source 1960-2010 : 50 de planification et de prospective, agence d’urbanisme pour le développement de l’agglomération lyonnaise

La même année, une loi vote l’instauration des communautés urbaines en France. En 1969 on voit  donc apparaître une gouvernance locale d’agglomération avec la création de la Communauté Urbaine de Lyon (COURLY et non C . L), renommée en 1990 le Grand Lyon qui regroupe désormais 57 communes2. Un Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de l’agglomération lyonnaise est élaboré à cette même période.  Mais, après de longues procédures, il ne sera approuvé qu’en 1978. Cette longue naissance lui confère un caractère d’obsolescence dès sa sortie. Mais,  à la faveur des lois de décentralisation la métropole est dès lors relancée par la démarche Lyon 2010. Plus participative et appuyée par les élus communautaires, Lyon 2010 est désigné comme « un projet d’agglomération pour une métropole européenne ». Depuis, se sont développées les réflexions de l’inter-Scot menées depuis 2001 au sein de l’agence d’urbanisme qui visent à mettre en cohérence les politiques de planification urbaine à l’échelle métropolitaine. Il regroupe désormais 743 communes soit 2.65 millions d’habitants. Et en 2006, c’est l’aboutissement de la DTA (Directive territoriale d’aménagement) élaborée par l’État qui fixe les grandes orientations et les projets d’intérêt national sur l’aire métropolitaine 3.

L’organisation spatiale de la métropole est donc abordée au travers des différents plans, que se soit par l’État ou les collectivités. Mais la construction métropolitaine est aussi le fait d’autres structures comme l’ADERLY4 qui participe au développement économique ou encore la RUL. Créée en 1989 la Région Urbaine de Lyon permet de constituer une vision globale de l’aire urbaine à une grande échelle5. Dans la même veine, le Grand Lyon lance en 1997 le grand chantier Millénaire3. Il s’agit de faire de la prospective autour des questions liées à « la métropole de demain ». Enfin, l’outil le plus récent de coopération métropolitaine est le G3, devenu depuis le 2 juillet, le G4 avec l’entrée du Pays Viennois. Il s’agit cette fois d’un nouveau système de gouvernance politique du territoire métropolitain. 6.

La construction métropolitaine est ainsi un processus qui est apparu depuis environ  un demi-siècle. Initiée par une volonté d’aménagement du territoire, les structures de développement économique ont pris le relais. Mais rapidement, le phénomène de métropolisation a imposé la nécessité de développer des nouvelles coopérations qui dépassent les limites administratives. Aujourd’hui, les niveaux de coopération se multiplient sur différents territoires et selon plusieurs méthodes. C’est bien l’émergence d’une nécessité de coordonner, d’organiser la vie ensemble dans un ensemble territorial important qui marque l’entrée de Lyon dans la métropolisation. Il ne s’agit pas seulement d’agglutiner, mais de faire fonctionner pour une meilleure efficacité économique et améliorer le cadre de vie. Et même si la métropole lyonnaise tâtonne toujours pour trouver ses marques en interne ou à l’international, ce processus est la preuve de son engagement dans la métropolisation.

Maël Meralli-Ballou & Lucy Bray

Catégorie(s) : Le cas lyonnais

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